Transition écologique : La Cour des comptes alerte sur le coût de l’inaction
- Huglo Lepage Avocats

- 17 sept. 2025
- 2 min de lecture
Lise-Hélène Gras, Juriste documentaliste
Dans son tout premier rapport annuel consacré à la transition écologique, la Cour des comptes dresse un constat sans détour : le coût de l’inaction climatique est déjà considérable. Ce coût ne fera qu’augmenter et sera sans aucun doute supérieur à celui de la transition. En France, à ce rythme, le coût annuel des sinistres climatiques pourrait presque doubler d’ici 2050. À l’inverse, chaque euro investi en prévention permettrait d’économiser jusqu’à trois euros en dommages évités.
Les impacts du réchauffement tels que les inondations, canicules et cyclones, ont un coût croissant. En effet, selon la Cour, ces aléas climatiques auront entraîné des dommages financiers estimés à 300 milliards d’euros à l’échelle mondiale en 2024. En France, les sinistres climatiques pèsent déjà plusieurs centaines de millions d’euros par an, un coût qui pourrait presque doubler d’ici 2050.
La Banque de France estime qu’un maintien des politiques actuelles entraînerait une perte de 11,4 points de PIB d’ici le milieu du siècle. À l’inverse, une transition écologique maîtrisée limiterait cette perte à 6,5 points, coûts de la transition inclus. La Cour souligne ainsi que retarder les mesures nécessaires ne ferait qu’alourdir la facture globale.
Elle rappelle que les investissements à engager ne relèvent pas uniquement de la dépense publique. Aujourd’hui, 74 % des montants consacrés à la transition écologique proviennent du secteur privé. Néanmoins, l’État doit maintenir un effort significatif, et les dépenses doivent être orientées de manière stratégique, avec un retour réel en matière de résilience climatique.
Pour encadrer cette dynamique, la Cour recommande de renforcer la Stratégie pluriannuelle de financement de la transition écologique (Spafte) et d’en faire un outil central du débat budgétaire. Elle invite également à consolider les budgets verts afin de mieux guider les choix d’investissement selon leur efficacité environnementale. Elle recommande également de doubler les investissements nécessaires d’ici 2030, soit environ 110 milliards d’euros supplémentaires par an, notamment dans le bâtiment et les transports.
Sur le plan institutionnel, elle appelle à redonner une pleine capacité d’action au Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), créé en 2022, et à renforcer la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), en y intégrant des objectifs chiffrés, notamment sur les émissions importées.
Enfin, la Cour insiste sur la nécessité d’une meilleure coordination entre l’État et les territoires. Elle recommande de mieux articuler les différents outils de planification que sont les Sraddet régionaux, plans climat locaux (PCAET) et Plan national d’adaptation (Pnac) et de consolider les COP régionales lancées en 2023.
Pour la Cour, la transition écologique ne peut plus être pensée comme une politique sectorielle. Elle doit devenir une priorité transversale, structurée par une gouvernance efficace, des outils cohérents et une trajectoire budgétaire crédible.
Pour lire le rapport, cliquez ICI
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